Loi de programmation militaire 2018-2022 : 725 milliards de francs CFA pour mettre en œuvre la réforme de l’armée burkinabè

L’Assemblée nationale a adopté le 14 décembre 2017, à l’unanimité des 82 votants, le projet de loi portant programmation militaire quinquennale pour la mise en œuvre du plan stratégique 2018-2022 pour la réforme des forces armées nationales. L’adoption de ce projet de loi permettra d’offrir aux forces armées nationales des moyens conséquents pour remplir efficacement leur rôle. Au cours de la séance plénière, le président de l’Assemblée nationale a invité la hiérarchie militaire à faire en sorte que les troupes soient dotées de matériels performants grâce à cette dotation. Par ailleurs, il a annoncé que la représentation nationale se rendra prochainement dans la région du Sahel burkinabè pour s’enquérir des conditions de vie et de travail de nos militaires.

Courageux, loyaux et braves, les militaires burkinabè inspiraient jadis crainte et respect dans la sous-région et donnaient l’image d’une armée professionnelle bien organisée et bien équipée. Malheureusement, au fil du temps, la politisation à outrance de ce corps et la mauvaise gouvernance de l’institution qui s’en est suivie ont mis à mal sa cohésion. Pire, ses valeurs éthiques se sont effritées et le commandement s’est plus que fragilisé. Dès lors, on a assisté de manière récurrente depuis 1999 à des revendications, des manifestations violentes de soldats et surtout des mutineries dans les casernes dont celles de 2011.

S’appuyant sur cette évolution de notre armée et du vent de changement impulsé par l’insurrection populaire d’octobre 2014, le gouvernement a élaboré le Plan stratégique pour la réforme (PSR) des forces armées nationales en vue de construire progressivement une armée républicaine et opérationnelle.

Le projet de loi portant programmation militaire quinquennale soumis aux députés vise donc à assurer le financement de l’ensemble des activités prévues par le PSR 2018-2022. Ces activités sont réparties dans plusieurs programmes regroupés en trois axes stratégiques que sont : le renforcement de la déontologie et de l’éthique militaire ; le renforcement de la gouvernance ; le renforcement de la responsabilité.

La mise en œuvre de cette loi nécessitera 725 253 753 080 F CFA sur les cinq ans.

Adoptée à l’unanimité des 82 députés votants du jour, cette loi comprend cinq articles et une annexe qui définit annuellement le budget requis pour la mise en œuvre des axes stratégiques et du dispositif de mise en œuvre de coordination et de suivi du plan. L’adoption de ce projet de loi devrait permettre de renforcer la déontologie et l’éthique militaire, la gouvernance de l’institution militaire, la responsabilité des acteurs, le caractère républicain de l’armé, d’offrir des moyens conséquents aux forces armées nationales et d’assurer la garantie du financement des besoins de l’armée.

« Payez des équipements performants pour ceux qui sont sur le terrain »

« Nous voulons d’une armée républicaine, d’une armée professionnelle, d’une armée disciplinée et opérationnelle pour faire face aux menaces auxquelles nous sommes confrontés. Et cette loi adoptée viendra renforcer le caractère républicain de l’armée », a expliqué Jean Claude Bouda, le ministre de la défense nationale et des anciens combattants.

Le Président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé a, quant à lui, félicité et encouragé les soldats « qui bravent les intempéries, les balles, les terroristes pour que le Burkina Faso puisse vivre en paix ». Puis, il s’est adressé à la hiérarchie militaire présente à l’hémicycle pour l’examen de la loi, en ces termes : « Si nous votons cette loi, c’est pour vous permettre de pouvoir mettre à la disposition de la troupe les moyens nécessaires de façon à ce que ces jeunes puissent travailler dans de bonnes conditions, puissent vivre décemment et cela est très important. Nous ne souhaitons plus voir des rangers percés, des canons militaires qui ne pètent pas, des tenues militaires délavées ou déchirées. Payez des équipements performants pour ceux qui sont sur le terrain ».

Les députés iront au Sahel dans les prochains jours

Aussi, Alassane Bala Sakandé a confié que l’Assemblée nationale ira au Sahel dans les prochains jours. « Nous irons vivre les réalités de nos militaires. Nous irons parce qu’ils sont aussi des Hommes qui ont laissé des époux, des épouses et des enfants pour se retrouver sur le théâtre des opérations. Nous irons et à cette occasion, nous allons demander à cette muette de se démutiser. Il faut qu’ils parlent, qu’ils nous disent quelles sont les problèmes réels », a martelé le patron du parlement burkinabè.

Enfin, il a demandé et obtenu de la part de l’ensemble des députés présents, l’adoption à l’unanimité de ce projet de loi comme un signal fort à l’adresse des forces armées nationales sur la nécessité de s’unir lorsque la nation burkinabè est menacée et reléguer au second plan les querelles politiciennes futiles.

Moussa Diallo

Lefaso.net

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Voici la déclaration liminaire de l’UNAPES-B lue par Hector Ouédraogo lors de la conférence de presse animée hier 14 décembre

UNION NATIONALE DES ASSOCIATIONS BURKINA FASO

DES PARENTS D’ELEVES DU SECONDAIRE UNITE-PROGRES-JUSTICE

ET DU SUPERIEUR DU BURKINA (UNAPES B)

08 BP : 11 309 OUAGADOUGOU 08

Tél :(00226) 70726200/66726200/78200484

E-mail : hectorito39@hotmail.com

BURKINA FASO

………………………………

SECRETARIAT EXECUTIF

Ouagadougou le 14 décembre 2017

Conférence de presse de l’Union nationale des associations des parents d’élèves du secondaire et du supérieur du Burkina (UNAPES-B).

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Au nom de l’UNAPES-B et en mon nom personnel, je voudrais d’abord vous remercier d’avoir répondu à notre invitation de ce matin pour cette rencontre que nous avons souhaité avoir avec vous. Merci pour le travail d’information et de sensibilisation que vous abattez au quotidien pour sortir les Burkinabè de l’ignorance et faire d’eux des citoyens conscients, car, comment prendre position sur un sujet d’intérêt public quand on n’a pas la bonne information ?

C’est dans le souci de bénéficier de votre canal pour faire connaitre la position de l’UNAPES-B sur la situation qui prévaut actuellement dans l’école burkinabè que nous sommes ensemble ce matin.

Vous le savez bien, depuis des semaines, les professeurs du post-primaire et du secondaire sont entrés dans un mouvement de revendication qui se déploie sous plusieurs formes : marches-meetings, interpellations dans la presse, sit-in tous les jeudis, suspension des évaluations, suspension de la transmission des statistiques et autres activités pédagogiques, manifestations de rue d’élèves du primaire et du secondaire, etc.

Au niveau de l’enseignement supérieur, la situation est totalement différente même si ces derniers jours, l’actualité sur le campus a été émaillée de faits qui déshonorent ceux qui en sont à l’origine. Toutefois, en dépit des problèmes que rencontre l’enseignement supérieur et que nous connaissons tous, les cours sont assurés au quotidien dans les différents instituts, écoles et départements. Tous les acteurs sont totalement engagés dans une dynamique visant à résorber les retards accusés dans le passé et qui ont conduit à des chevauchements.

Mesdames et messieurs les Journalistes,

Quel est l’état des lieux de l’école burkinabè qui justifie, en tout cas, qui explique tous les mouvements d’humeur dont j’ai évoqué plus haut ?

Dire que la situation de l’école burkinabè est loin d’être satisfaisante, c’est enfoncer des portes déjà largement ouvertes. Le dernier rapport de la commission d’enquête parlementaire sur le système d’enseignement au Burkina, rendu public récemment est venu confirmer ce que nous savions déjà. A savoir :

Un gros déficit en infrastructures face à une demande en très forte progression, résultat de l’inadéquation entre les ressources disponibles et l’accroissement démographique. L’objectif du Programme de Développement de l’Education de Base (PDEB) qui est de réaliser l’accès universel à l’école à l’horizon 2021 a peu de chance d’être atteint

La persistance d’écoles sous paillotes malgré l’engagement du gouvernement actuel pris en février 2016 de résorber le stock existant, c’est-à-dire 4670.

Au préscolaire par exemple, le rapport de la commission d’enquête parlementaire révèle que notre pays enregistre un taux de préscolarisation de 2,9% contre une moyenne CEDEAO de 33,5%, et une moyenne africaine de 18%. Dans les détails, on découvre que la région du Sahel est particulièrement à la traine avec un taux de ….0,5% ! En termes d’infrastructures, le privé enregistre 374 centres d’éveil et d’éducation préscolaire contre 99 pour le public.
Au primaire, le taux brut de scolarisation est passé de 61,4% en 2005/2006 à 86%1 en 2015/2016, avec une forte progression du taux d’accès des filles, qui est passé de 54,3 à 86% sur la même période. Les campagnes de sensibilisation menées depuis des décennies par l’Etat et les différents acteurs commencent donc à porter des fruits. Reste que les filles sont plus exposées à l’échec scolaire en fin du primaire et du secondaire, ce qui montre que la bataille pour l’égalité des chances n’est pas encore gagnée.

Quant aux infrastructures, le nombre d’écoles publiques est passé de 6960 à 11292 entre 2006 et 2016 ; dans le secteur privé, on est passé de 1222 à 3363 écoles sur la même période, soit une croissance moyenne de 6,7%.

Selon le MENA, le nombre de classes s’établit à 59938 en 2015/2016, ce qui donne une moyenne de 48 élèves par classe.

Là également, il y a des disparités selon les régions. Dans les Hauts-Bassins, le ratio élèves/classe est de 58 élèves alors dans certains centres urbains, on atteint 100 à 120 élèves par classe.

Dans l’ensemble, les écoles ont besoin d’être rénovées car certaines datent du début des indépendances comme le lycée Bogodogo. La décentralisation n’a pas donné des résultats escomptés et pour l’instant et l’Etat central reste le principal acteur dans la construction des infrastructures scolaires.

Quant au personnel enseignant, il compte 69 148 en 2015/2016 contre 64 177 un an plus tôt, soit 4971 enseignants de plus en un an !

On dénombre 31668 enseignants de sexe masculin contre 37480 de sexe féminin.

En résumé, on peut dire, l’offre éducative est nettement en deçà de la demande à l’école primaire et dans le préscolaire avec un personnel insuffisant et mal réparti.

Au post primaire et au secondaire, aussi bien dans l’enseignement général que dans l’enseignement technique, le nombre d’élève a connu aussi une forte augmentation. Le taux brut de scolarisation au post primaire qui était de 46,6% en 2015/2016, a progressé de 1,7 point comparativement à l’année précédente, avec 47,2% de filles contre 46,0% pour les garçons.

Au secondaire, le taux est de 15,0% en 2015/2016, ce qui montre l’ampleur de l’échec scolaire entre le post primaire et le secondaire.

Au supérieur, la demande est également supérieure à l’offre dans le secteur public. On comptait 34 586 étudiants en 2007/2008 contre 25 982 deux ans plus tôt, avec une relative égalité entre les deux sexes.

Enfin, dans l’éducation non formelle, des efforts doivent aussi être faits sachant que 51% des enfants sont hors du système classique.

Je ne vais pas trop vous ennuyer avec les chiffes, mais je souhaitais montrer une photographie globale du système éducatif actuel et les problèmes auxquels les acteurs impliqués dans l’éducation et la formation de nos fils et filles, sont confrontés.

De ce qui précède, il va sans dire que la qualité de l’offre éducative en prend un coup à tous les niveaux. C’est la combinaison de tous ces facteurs qui explique en partie les mouvements sociaux dans le monde éducatif depuis quelques semaines.

Vous l’avez suivi, les enseignants, à travers leurs syndicats ont déposé une plateforme revendicative comprenant environ une dizaine de points et attendent que le gouvernement leur apporte des réponses.

Par moment, il y a eu ce que nous considérons comme un manque de communication entre les deux parties, ce qui a conduit à des débordements que nous avons tous déplorés ces derniers jours.

Face à cette situation, que fait l’UNAPES-B ?

Comme vous le savez, l’UNAPES-B est la faîtière des associations de parents d’élèves de tout le Burkina. En tant qu’acteur à part entière du système éducatif, notre rôle en tant que parents n’est pas de prendre position pour un camp contre l’autre camp. Nous nous sommes investis depuis le début des grèves et autres manifestations de protestation, à créer les conditions pour rapprocher les parties prenantes afin qu’elles engagent des négociations dans un esprit de confiance.

Nous nous réjouissons de ce qu’à l’heure actuelle, il y a une volonté de part et d’autre de trouver un compromis et éviter une année blanche, ce qui compliquerait davantage les choses.

Si vous le souhaitez, nous reviendrons sur les médiations que nous avons menées et continuons de mener, sans tambours battants pour que très vite, élèves et enseignants retrouvent le chemin de l’école.

Mesdames et Messieurs, les journalistes,

Il ne vous a pas échappé que l’université de Ouaga1 Pr Joseph Ki Zerbo a été récemment le théâtre d’évènements qui n’ont pas leur place sur un campus. Voir des étudiants se livrant à des scènes de ratonnade ne fait pas honneur à l’université burkinabè. Sur ce sujet, comme sur le thème global de l’incivisme et de la violence en milieu scolaire, l’UNAPES-B s’est également s’investie pour dénouer des situations parfois inextricables.

Au fil des années, l’incivisme et la violence accrue en milieu scolaire et universitaire ont pris des proportions très inquiétantes avec des scènes mettant parfois à mal la quiétude des acteurs et mêmes les résultats scolaires.

Les parades acrobatiques à travers la ville de jeunes gens se faisant passer pour des élèves sont suivies d’assauts souvent très violents dans des établissements où tous les acteurs sans distinction subissent des agressions physiques et morales assorties d’actes de vandalisme (destruction des biens publics et privés) etc…

Cette année encore et depuis le début de la rentrée scolaire, toute la nation assiste avec désarroi et grande inquiétude à ces manifestations qui depuis la mi-novembre ont pris une dimension qui risque de plonger le pays dans une situation dramatique.

Si le droit de grève est certes reconnu, ce type de manifestations très violentes avec des actes d’incivisme qui s’en suivent sont inacceptables.

Le 27 0ctobre 2017,le Président de l’Association des Parents d’élèves du collège NOTRE DAME DE KOLOGH NABA a été victime d’une double fracture après qu’il ait été bousculé par des groupuscules de JEUNES ACTIVISTES qui sillonnaient les établissements scolaires pour perturber les cours.

Le 4 décembre 2017, un groupe de JEUNES ont fait une descente au LYCEE LE CREUSET PLUS de OUAGA 2000 et ont emporté les casques des élèves qui étaient sur leurs motos. La population a appréhendé ces voleurs pour les remettre aux forces de sécurité, la police de OUAGA 2000 ne s’étant pas déplacée sur les lieux malgré des appels répétés de la population.

Les 22, 23 et 24 novembre 2017 à FADA N’GOURMA, au complexe scolaire LABI DIERO et au CENTRE PROFESSIONNEL, des enseignants sont rentrés dans des salles de classe et ont violenté des élèves qui étaient en composition, allant jusqu’à déchirer les copies de devoirs ;

Dans plusieurs villes (HOUNDE, TITA, KOMBISSIRI….) des axes routiers sont bloqués pendant plusieurs heures par des élèves manifestants.

A l’université OUAGA 1 JOSEPH KI ZERBO, le 6 décembre 2017, premier jour de la grève lancée par l’Association nationale des étudiants du Burkina (ANEB), il y a eu des courses poursuites et de la bastonnade entre étudiants. C’est le spectacle qu’étudiants Pro-ANEB et Anti-ANEB, avenir du Burkina Faso nous ont livré. Bilan : 06 étudiants ont été grièvement blessés dont deux (02) avec des lésions au cerveau après le scanner.

Messieurs et Mesdames les journalistes,

L’UNAPES-B joue et jouera sa partition pour que l’école burkinabè retrouve son lustre d’antan, selon les moyens dont elle dispose, c’est-à-dire, rien du tout. Nous n’avons ni siège, ni budget de fonctionnement. C’est la conjugaison des bonnes volontés qui permet aux membres du bureau de faire face à des urgences. Il existe pourtant une convention signée entre l’Etat et l’Union sur le financement de nos activités, mais pour l’instant, le texte n’est pas appliqué.

Avant de nous prêter à vos questions, permettez-moi de vous présenter les membres du bureau du l’UNAPES-B, élu en fin juillet 2016 pour un mandat de 04 ans renouvelable une seule fois.

Je vous remercie de votre attention.

Aux frontières d’Afrique centrale : « mais elle est où la libre circulation là ! »

« La libre circulation, on ne la sent pas encore ici » : aux confins de la Guinée équatoriale, du Gabon et du Cameroun, la libre circulation des personnes, officiellement ratifiée fin octobre par ces pays, souffre des innombrables tracasseries et inévitables « petits billets » à glisser aux policiers.

« C’est encore comme un rêve. Parce qu’en gros, aujourd’hui on continue à payer pour passer d’un côté comme de l’autre », résume à l’AFP Valérie Oyana, une commerçante gabonaise rencontrée sur le marché de Kye-Ossi, au Cameroun voisin.

Valérie achète ici des régimes de bananes pour aller les revendre à Libreville, la capitale gabonaise.

« Nous payons 3.000 FCFA (environ 5 euros) pour traverser au poste de contrôle de police côté camerounais », explique-t-elle, devant son camion rempli jusqu’à la gueule de bananes plantain.

Même son de cloche chez tous les commerçants et voyageurs – quelque soit leur nationalité – qui transitent par cette région des trois frontières, et accusent policiers et douaniers de « troubler et empêcher » la libre circulation.

Avec les marchés de Kye Ossi ou d’Abang Miko au Cameroun, et à Ebibeyin côté équato-guinéen, l’endroit est une plaque tournante des échanges régionaux, un carrefour aux routes menant aux capitales Yaoundé, Malabo et Libreville, à des centaines de km de là.

Des milliers de personnes empruntent chaque jour ce carrefour de transit commercial au coeur de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac), dont les pays ont adopté en 2013 le principe de libre circulation des personnes.

Il a fallu attendre quatre ans – jusqu’à fin octobre – pour que les six Etats membres (Gabon, Guinée équatoriale, Cameroun, Tchad, République du Congo, Centrafrique) ratifient la mesure.

Sur le papier, la libre circulation est donc désormais totale dans la sous-région. Les citoyens de le Cemac sont exemptés de toute obligation de visas d’entrée ou d’autorisation de sortie pour circuler dans la sous-région, et visiter un pays voisin jusqu’à trois mois.

- Questions sécuritaires –

A la frontière Cameroun/Guinée équatoriale, une chaine tendue au milieu de la route entre deux postes de contrôle matérialise la frontière. Comme une nuée d’abeilles autour d’un pot de miel, les colporteurs se proposent pour porter les colis des voyageurs. Presque tous doivent lâcher aux policiers un billet de 1.000 ou 2.000 CFA pour passer.

« Pour traverser avec une voiture du Cameroun vers le Gabon, nous payons 30.000, 45.000 CFA, on ne sait même pas pourquoi ! Elle est où alors la libre circulation des personnes et des biens ? », s’esclaffe Jules, un transporteur gabonais.

Au quotidien, on distingue deux catégories parmi ceux qui franchissent la frontière. Il y a d’abord les riverains, qui vont « de l’autre côté » juste pour quelques heures, au plus la journée. Ils déposent au poste une simple carte d’identité, paient 2.000 CFA. La carte d’identité est gardée sur place, ils la récupèreront à leur retour, sans autre formalité.

Pour les voyageurs, il faut un passeport – en théorie biométrique -, mais les policiers n’exigent effectivement plus de visa, a constaté un correspondant de l’AFP.

Si commerçants et voyageurs de passage continuent de se plaindre du flou artistique sur les conditions de transit aux frontières, ils observent du changement positif.

« Je trouve que les choses vont un peu mieux qu’avant, avant on ne traversait pas facilement comme maintenant », juge Adolfo Nguema, Equato-guinéen rencontré en territoire camerounais.

Chez certains douaniers et policiers, l’ouverture des frontières suscite manifestement moins d’enthousiasme. « Leur libre circulation là, elle va nous tuer ! », maugrée l’un d’entre eux, après avoir empoché un petit billet d’un voyageur.

« Que les gens ne s’imaginent pas qu’ils vont circuler avec leurs bagages comme ça sans être identifiés », souligne de son côté Armand Tabi, un agent communal de Kye Ossi.

« Le Cameroun, la Guinée équatoriale et le Gabon, chacun de ces Etats a ses normes, ses règles. La libre circulation est une chose, mais maintenant aller faire tout ce qu’on veut et comme on veut, c’est autre chose », avertit cet administratif.

Ces préoccupations « sécuritaires » autour de l’intégration régionale étaient ainsi au coeur d’une visite officielle, début décembre en Guinée équatoriale, du président gabonais Ali Bongo Ondimba.

Pour autant, les « choses ont changé », admet le fonctionnaire Armand Tabi, dont les « frères » camerounais voyagent aujourd’hui « un peu mieux qu’avant » en Guinée équatoriale et au Gabon

AFP

Poursuites judiciaires de BRAKINA S.A contre la radio Horizon FM : L’Union de la presse indépendante du Faso s’interroge sur les motivations de la BRAKINA S.A

L’Union de la presse indépendante du Faso (UNPIF) voudrait se prononcer à travers le présent communiqué de presse sur les faits marquants qui touchent la vie de la presse nationale en cette fin d’année 2017. Il s’agit notamment du 19è anniversaire de l’assassinat de notre confrère Norbert Zongo, des poursuites judiciaires de BRAKINA S.A contre la radio Horizon FM et des problèmes entre les entreprises de presse et les impôts.

De l’assassinat de Norbert ZONGO

L’UNPIF note avec consternation qu’après 19 années, la justice burkinabè est toujours entre balbutiements et fuite en avant, loin de la lumière sur l’assassinat odieux de notre confrère et ses compagnons d’infortune morts calcinés le 13 décembre 1998 en rade de Sapouy. Partant du principe qu’il ne peut y avoir d’assassinat sans assassins, la disparition de Norbert ZONGO et de ses compagnons doit trouver une suite judiciaire qui rende réellement justice aux victimes, aux familles des disparus, à la corporation et à la société dans son ensemble en mettant la main sur les auteurs de ce crime abominable. La situation actuelle du dossier qui signe près de deux décennies d’impunité est à la fois inacceptable et injustifiable malgré, pour ne pas dire du fait, d’une part d’une très grande politisation et d’autre part des passions énormes que suscite à la fois l’horreur du crime et l’espoir d’une démocratie assassinée.

L’UNPIF voudrait attirer l’attention de toutes les parties prenantes sur ces influences qui, si elles se justifiaient il y a quelques années, sont en train de devenir des boulets qui entravent la marche vers la vérité et la justice. L’UNPIF a confiance en notre justice et est convaincu de sa capacité à trouver des solutions de droit à cette affaire et appelle à la laisser agir librement et pleinement. Les récentes évolutions à savoir la réouverture du dossier par le pouvoir de la Transition et l’interpellation de François COMPAORE par la justice française sont des pas importants qui militent en faveur d’avancées notables vers la vérité en ce sens que tout cela pourrait permettre de situer une fois pour toutes les responsabilités. L’Union estime que l’absence de justice et de vérité pour Norbert ZONGO depuis tant d’années n’est pas à l’honneur de notre justice encore moins de tous les gouvernements qui se sont succédés depuis 1998 à nos jours. C’est pourquoi, elle joint sa voix à celles de millions de démocrates au Burkina et partout ailleurs dans le monde pour réclamer, la lumière et toute la lumière dans cet assassinat.

Du procès intenté par BRAKINA S.A contre la Radio Horizon FM

La radio Horizon FM est citée à comparaitre pour diffamation par devant le tribunal de grande instance de Ouagadougou le 18 décembre 2017 par la société Brasseries du Burkina Faso, BRAKINA S.A, qui lui demande le versement de la somme de trois millions de francs CFA pour un préjudice qu’elle aurait subi du fait de commentaires et opinions émises sur certains de ses produits. En effet, la BRAKINA S.A a été nommément citée dans l’émission interactive « ÇA VA, ÇA NE VA PAS » du 20 octobre 2017 animée par Serge BALMA et le PDG de la Radio Monsieur Moustapha Laabli THIOMBIANO officiant en qualité de consultant. Au cours de ladite émission, les débats avaient porté sur les produits fabriqués au Burkina mais qui ne feraient pas la promotion du pays et se sont appesantis sur le cas de la bière produite par BRAKINA S.A dont l’emballage porte les couleurs bleu, blanc, rouge à l’instar du drapeau français.

Monsieur THIOMBIANO Mustapha aurait dit en substance que la consommation dudit produit par les Burkinabè équivalait à « consommer » le drapeau français. Il aurait également laissé entendre que l’impérialisme se trouvait dans ces bouteilles de BRAKINA S.A et que la « consommation » du drapeau français était une honte. C’est sur ces entrefaites que l’idée d’un boycott de ces bouteilles par les consommateurs a été évoquée. Voilà ce qui n’a pas plu à la BRAKINA, ce qui est son droit, mais de là à intenter un procès, il y a un pas qu’il nous semble inacceptable de franchir !

Au regard des faits, l’UNPIF s’étonne que de tels actes puissent être considérés comme des délits. C’est pourquoi elle s’interroge sur les motivations réelles de l’action de justice enclenchée par la BRAKINA contre l’organe de presse.

En tout état de cause, L’UNPIF considère qu’au plan professionnel, la radio Horizon FM n’a fait que son travail dans le souci de combler le droit à l’information des populations. Par ailleurs, le fait de donner la parole aux auditeurs et d’interagir avec eux participe pleinement de la manifestation de la liberté d’expression et de la presse. Il s’agit là d’un droit démocratique chèrement acquis pour lequel aucune tentative de violation et de restriction n’est tolérable.

La radio Horizon FM est donc poursuivie en justice pour avoir fait son métier d’information et d’éducation des populations et d’avoir permis à des citoyens d’exprimer librement leurs opinions comme cela leur est garanti par la constitution et tous les textes internationaux des droits de l’Homme.

L’Union se tient fermement aux côtés des confrères de la radio Horizon FM et suivra cette affaire de près tout en se réservant le droit d’entreprendre toute action dans le sens de la défense et de la préservation de la liberté de la presse.

Des problèmes entre les médias et les impôts

L’UNPIF a constaté ces derniers temps la galère dans laquelle pataugent bon nombre d’organes de presse devenus des cibles des services des impôts qui leur font subir des tracasseries diverses à la limite du harcèlement dans le cadre de certaines missions telles que les contrôles.

Les entreprises de presse ne cessent de le redire, leur statut juridique et le rôle d’exécution de mission de service public de l’information qui leur incombe font d’elles des entreprises particulières.

Malheureusement, c’est sans relativisme aucun et sans tenir comptes des débats techniques toujours en cours entre les acteurs des médias et le ministère de l’économie et des finances, que les impôts exercent une pression incompréhensible sur les organes de presse en les traitant comme des entreprises classiques.

Les organes de presse comprennent les objectifs fixés aux services des impôts pour la mise en œuvre du PNDES et rappellent qu’ils entendent remplir leurs obligations en apportant leur part contributive au budget national en s’acquittant de leurs obligations fiscales, mais tiennent à souligner leur caractère spécifique. Cependant, de nos jours, les relations avec l’administration fiscale sont à la fois complexes et inadaptées avec des charges lourdes à porter dont les conséquences sont incalculables. Non seulement il y a des incompréhensions entre agents des impôts et patrons de presse mais tous ces problèmes mettent à rude épreuve le fonctionnement des organes de presse compromettant sérieusement la bonne réalisation de leur mission de service public et partant, le droit à l’information des citoyens.

En rappelle, les organes de presse vivent une situation déjà difficile avec les factures impayées de l’Etat dont le processus de paiement n’a pas permis jusque-là, malgré les multiples promesses du gouvernement, aux organes de presse de récupérer ne serait-ce qu’une part significative de ce qui leur est leur est dû. Certains médias ont même été volontairement ostracisés, ils n’ont encore reçu le moindre copeck, pour des raisons purement politiques.

La situation financière des organes est aussi dramatiquement empirée par la TNT dont l’immense retard de la mise en œuvre, sans motif pertinent, à contribuer à engendrer des préjudices bancaires supportés, la mort dans l’âme, par les promoteurs des chaînes de télévision. L’on se demande si finalement toutes ces difficultés : contrôles intempestifs des impôts, factures impayées de l’Etat, retard de la TNT, procès à la chaine, etc. ne participent pas d’un plan visant à mettre un certain nombre de médias sous l’éteignoir ou à en faire carrément disparaitre d’autres jugés trop critiques et indépendants.

L’Union fustige le dilettantisme du ministère de tutelle qui a conduit dans la situation actuelle où des organes de presse se trouvent précarisés et voués à un triste sort tantôt pour des considérations politiciennes de bas niveau et tantôt à cause d’un manque de volonté et de réalisme de la part du gouvernement de SEM Paul Kaba Thieba. Elle appelle l’Etat tout comme certaines officines à se ressaisir. Personne n’a réellement intérêt à la disparition d’une presse libre solide et crédible ! Dans tous les cas, l’UNPIF, et avec elle tous les acteurs soucieux de la paix et du développement de ce pays ne se laisseront pas faire. A bon entendeur salut !

Fait à Ouagadougou le 13 décembre 2017

Pour le Bureau intérimaire

André Eugène Ilboudo

Président de l’Association des Médias Communautaires

La Cédéao examinera l’adhésion du Maroc début 2018 (source gouvernementale)

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cédéao) va consacrer un sommet extraordinaire début 2018 à la confirmation de l’adhésion du Maroc, a indiqué jeudi un haut responsable gouvernemental à Rabat.

« Après concertation avec le Maroc et discussions avec les Etats membres ces derniers jours, on s’oriente vers un sommet extraordinaire en début d’année prochaine, exclusivement consacré à la question », a indiqué à l’AFP ce responsable marocain qui a requis l’anonymat.

Il n’a pas été possible d’obtenir des informations à ce sujet à Abuja, où les travaux préparatoires du sommet ont commencé cette semaine.

Les dirigeants ouest-africains avaient donné début juin leur accord de principe à la demande du Maroc et cette adhésion devait être finalisée sur le plan juridique samedi, lors d’un sommet dans la capitale du Nigeria. Ils ont cependant souhaité un délai supplémentaire pour examiner en détails l’étude d’impact qui vient de leur être remise, selon la source marocaine.

« La perspective stratégique est la même », a assuré le haut responsable marocain. Selon lui, « la formalisation juridique de l’adhésion ouvrira la voie à une discussion technique » sur le processus d’harmonisation des tarifs douaniers et la libre circulation des personnes, des biens, des services ou des capitaux.

Ces dernières années, le royaume chérifien a mené une véritable offensive commerciale et diplomatique sur le continent africain.

Le pays a réintégré l’Union africaine (UA) début 2017 après 30 ans d’absence et s’est ensuite porté candidat à la Cédéao dont les 15 membres représentent environ 320 millions d’habitants, avec un PIB total supérieur à 700 milliards de dollars.

Même si le volume des échanges reste modeste, l’Afrique de l’Ouest est le premier partenaire commercial du Maroc en Afrique subsaharienne : les exportations du royaume à destination de l’Afrique de l’Ouest ont triplé depuis 2008, passant de 3,2 à 10,2 milliards de dirhams (de 290 à 900 millions d’euros) en 2016, selon un rapport publié cette année par l’Office des Changes du Maroc affilié au ministère de l’Economie.

Les investissements directs marocains dans cette région ont par ailleurs quasiment quintuplé entre 2011 et 2015, passant de 295 millions à 1,6 milliard de dirhams, selon la même source.

AFP